Mon parcours

Réaliser que j’étais capable de relever le défi de l’IronMan m’a permis de sortir la tête de l’eau, renouveler mon énergie et foncer vers de nouveaux horizons.

Renaissance

« Dans la vie il y a ceux qui renoncent en ayant connaissances des difficultés, et d’autres qui ne renoncent pas et jamais ne se résignent, même s’ils traversent la pire épreuve de leur vie. L’Ironman est une métaphore pour dire que tu fais partie de cette seconde catégorie, celle de ceux qui refusent de se laisser enfermer dans leurs limites. »

J’étais hospitalisée et je traversais une des périodes les plus difficiles de ma vie lorsqu’un ami m’a écrit ces mots. J’étais à ce moment-là à bout de souffle et sur le point d’accepter la solution offerte par les médecins pour sortir la tête de l’eau : commencer à prendre de nombreux médicaments pour aller mieux. 

Ces quelques phrases ont incarné l’élément déclencheur qui m’a décidée à me nier à cette situation, et à me lancer dans l’aventure IronMan. J’ai dès lors décidé que ma vie ne serait plus conditionnée par l’extérieur mais que je trouverai en moi les ressources nécessaires pour reprendre goût à la vie, et aller au bout de mes rêves. Depuis, l’IronMan m’a servi d’objectif me permettant d’aller toujours de l’avant.

Pas besoin d'être sportive pour le devenir

Au moment de prendre cette décision, je ne me considérais pas comme sportive, et n’avais fait aucun sport depuis un an. 

Je suis issue d’une famille de cinq enfants de la banlieue parisienne. J’ai grandi en passant mes weekends à la campagne, les vacances à la mer, à la mer ou au ski, toujours active et ayant envie de bouger dans la nature, que ce soit en grimpant aux arbres, sur une moto, des skis. 

Mon père me traitait comme une princesse, mais dans le même temps m’a mise  sur une moto à quatre ans et demi, comme mes frères. Ma mère m’armait pour devenir une solide féministe et une femme indépendante, tout en m’inscrivant à la danse classique et moderne jazz, comme mes copines. 

C’est dans ces bases saines que j’ai décidé de puiser ma motivation et la force nécessaire pour impulser mon changement. 

J’ai repris le chemin du sport petit à petit en commençant par du renforcement de 20 minutes, puis j’ai pris le chemin de la salle. Quand j’ai pu reprendre la course à pieds, je me suis lancée dans la préparation de toutes les courses possibles, en commençant par la Parisienne de 7km en Septembre 2017. A force d’entraînement et grâce à un motivation croissante, j’ai atteint le Marathon de Paris en 2018, puis toutes les tailles de Triathlon : de la Taille S jusqu’à mon objectif intermédiaire, le Half Ironman de Vichy en 2018. 

Aujourd’hui, je m’entraîne entre 8 et 13 heures par semaine, nage environ 8 km, fais entre 140 et 160km à vélo et court 45km. 

Toute mon énergie est concentrée sur mon prochain objectif: l’Ironman de Nice en juin 2019.

Think through all the boxes

J’ai traversé plusieurs périodes très difficiles à partir de l’adolescence, et cela jusqu’à atteindre une limite, il y a deux ans, m’ayant décidée à changer de cap et me lancer dans l’IronMan. J’ai parfois perdu goût à tout, sauf à la lecture qui me permettait de m’évader. 

Mes études de communication et de science politique ont été épanouissante et m’ont permis de m’émanciper en ayant une vie sociale très active. J’ai eu une vie estudiantine à la fois festive et sérieuse, oscillant entre les soirées et le jogging comme exutoire. J’étais la typique bourgeoise parisienne qui arrosait ses soirées de champagne, refaisant le monde une cigarette au bec. Pour moi la vie ne pouvait se concevoir qu’en la brûlant par les deux bouts. 

Lorsque j’ai pris la décision de me lancer dans l’Ironman, ce changement de cap s’est accompagné d’une remise en question de ce mode de vie, et plus généralement du moule dans lequel notre génération s’enferme. Je suis devenue de plus en plus révoltée par le fait qu’être considérée comme “populaire” ou “bonne vivante” passait nécessairement par une vie d’excès nuisant au corps et à l’esprit. 

J’ai décidé de puiser en moi-même ce qui me rend heureuse, sans chercher à prouver quoi que ce soit aux autres. De me reconnecter avec la petite fille que j’étais, de retrouver un équilibre entre la nature, mon corps et mon esprit. 

J’ai arrêté de fumer en février, et de boire en juin. Pas par obligation, mais par envie. 

L’Iron est devenu pour moi une philosophie de vie: si la préparation est selon moi la symbolique de la vie, la natation est l’ allégorie de ce qui est difficile et éprouvant à réaliser, mais indispensable afin d’atteindre mes objectifs. Chaque séance me fait relativiser sur les obstacles qui m’empêchent d’avancer dans mes projets.

Je suis sortie de cette logique de cases dans lequel on nous cloître, et des étiquettes qu’on nous colle. J’ai décidée de me construire en piochant dans toutes les cases. J’ai réalisé que j’avais passé ma vie à vouloir être quelqu’un, jusqu’à réaliser que j’étais plusieurs. 

On peut être bonne vivante sans fumer ni boire d’alcool. On peut être une petite fille en robe et faire du BMX dans la forêt. On peut aimer le luxe et l’élégance tout en étant sportive. On peut être au bord du gouffre et en tirer la plus grande des forces. On peut avoir une apparence de poupée tout en ayant un mental d’acier. On peut être une IronDoll.